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Un ignare qui veut être phare

Chronique

Un ignare qui veut être phare

Un ignare qui veut être phare

Lorsqu’un vent violent vient de l’orient, lorsqu’un simoun brûlant souffle du levant, la sottise et l’inconscient se mettent à l’avant, la culture, l’érudition et la civilisation ancestrales sont englouties par le sable mouvant.

Lorsqu’un crâne vide sous un turban est considéré comme savant et levé au rang de gourou, sachez que la cité est en délabrement et c’est l’effondrement qui l’attend. 

Il était une fois, il était un soir où la clarté est dévorée par le noir, un village qui baignait dans la paix et l’amitié, qui vénérait la poésie et les écrits qui a toujours pitié des démunis. Un village où la laïcité est appliquée avant que ses habitants ne découvrent les drames engendrés par les théocraties et les tragédies causées par la papauté. Toutes les mosquées érigées dans cette localité portent les noms de ses sages qui tissaient l’amitié et qui semaient la vertu. Après leur mort, ils étaient canonisés et enterrés dans ces mausolées que l’on appelle mosquées, c’était la paix. 

Le rôle de tous les imams passés par ce village était toujours limité aux prières, aux oraisons funèbres et à la légalisation religieuse des mariages. Ces cheikhs de la mosquée comme tout le monde les appelait n’assistent jamais aux réunions et à la gestion de la cité même s’ils sont issus de cette même localité.

Les femmes de cette bourgade du Djurdjura, comme toutes les dames kabyles ne regardaient pas leurs maris à travers les trous ni derrière les épais rideaux et elles ne portaient ni Khimar ni Burkas, elles travaillaient la terre, elles sortaient librement été comme hiver à visage découvert, car elles vivaient avec des hommes normaux et non pas avec des Bédouins frustrés. Une fois que l’école a vu le jour dans ce village, les filles instruites suivent leurs études dans les universités les plus lointaines y compris l’Europe et l’Amérique, elles travaillent, elles voyagent seules et elles sont heureuses tout en préservant leur honneur hérité de cette Kabylie glorieuse.

Un jour, un imam débarqua de nulle part, un imam qui se croit phare devant ceux qui maîtrisent l’art et le savoir en croyant qu’il a à faire à des barbares. Cet être à l’esprit de l’âge de pierre ne voit la femme que chair qui doit toujours se taire.

Un cheikh à la vision encagée dans les conneries des enragés d’Arabie qui ignore les valeurs de la Kabylie et de ceux qui l’ont bâtie et la tolérance qui a préservé leur unité. Un imam au crâne inondé par l’idéologie de l’idiotie venant des pays où la diversité est rejetée et où la femme n’est vue que comme une chair sexy. Les livres d’histoire nous narrent que dans ces pays aux lézards qui vomissent les arts, les ignares enterraient les petites filles vivantes alors que chez nous Dihia régnait sur de vastes contrées.

À son arrivée au village, la petite cervelle de cet imam sorti d’un autre âge est dérangée par « le sexe faible » comme ses mentors appellent les femmes. Ce « A3lam » ne supporte pas de voir les filles et les dames du village rester ensemble et échanger entre eux devant la fontaine qui était toujours leur territoire comme le faisaient leurs arrières grands-mères depuis toujours.

Dans la petite tête de cet écervelé naquit une idée, il envoya un adepte de son idéologie aux femmes afin de ne plus se regrouper, afin que le Monsieur garde intactes ses ablutions.

Bravo ! Quel génie solution !

Mais bon sang, pourquoi sommes-nous toujours victimes de notre propre sang ?

Ô, mon Dieu, où irons-nous ?

Ô, seigneur, j’ai mal au cœur et pour notre cité, j’ai très peur

Rachid Mouaci

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