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Chronique

Mon Algérie

Mon Algérie

Par Rachid Mouaci 

 

Mon Algérie, depuis que tu es dérobée, depuis que tu es violée, depuis comme otage, tu es retenue, sans cesse, je te pleurais, pour moi, tu étais à jamais enterrée.

Je voyais noir, j’avais perdu tout espoir. En ton peuple, j’avais cessé de croire, je ne croyais plus au peuple glorieux. Comme tous tes amoureux, je voulais quitter à jamais ce lieu, pas pour les joyaux et les sous, mais je ne pouvais plus te voir souillée dans la boue par tes ravisseurs fous.  J’ai cru que nous étions oubliés même par les Dieux.

Mais maintenant que j’ai vu la réincarnation de ma nation, je jure sur ceux qui ont traversé les océans et les mers avec un goût amer en s’éloignant de leurs sœurs, de leurs frères, de leurs pères et de leurs mères, je suis fier d’appartenir à cette terre.

En voyant le sursaut de ce peuple debout qui fait face aux loups-garous, je crois qu’il a compris que la solution ne viendra pas des cieux. Oui, je suis heureux, mais je reste prudent.

En dépit de ces foules et en dépit de ce ras-le-bol, la tyrannie d’en face et loin d’être molle. Est-il facile à ce peuple de reprendre son vol après avoir été brisé par la sinistre école ?

J’ai peur qu’à cette union, il renonce, car depuis son enfance, on lui inculquait l’intolérance, on lui faisait vomir la différence, on l’avait opéré de la croyance en ceux qui pensent.

Ces décideurs qui nous imposent le vent brûlant de l’orient connaissent sûrement le proverbe chinois qui dit : « Le peuple est difficile à gouverner quand il est trop savant », mais comme ils ne lisent point, ils n’ont jamais lu Victor Hugo lorsqu’il disait : « Le plus excellent symbole du peuple, c’est le pavé. On marche dessus jusqu’à ce qu’il vous tombe sur la tête« . Oui, ils ont trop marché sur le peuple, mais cette fois, il leur tombe bel et bien sur la tête. Mais ce peuple doit-il crier victoire et faire la fête ou attendre la réaction de la grande muette ?

Dans tous les cas, je garde espoir et à présent j’ai le courage de me regarder dans le miroir et j’ai des choses à raconter fièrement à mes hoirs. Je leur dirai que ce pouvoir de sa tour d’ivoire qui a semé le désespoir, qui a habillé l’Algérie de noir et qui a fait de nos villes des cités-dortoirs, de nos boulevards des mares, de nos hôpitaux des mouroirs, et qui croyait réussir de faire du peuple un troupeau de couards. Cette fois, ce peuple a repris sa gloire et il l’a mis tout nu devant le monde et devant l’histoire.

Merci, mon peuple unique, fais-moi une république différente de la théocratique et de celle des flics.

Fais-moi rêver d’égaler l’Europe et l’Amérique.

Donne-moi un pinceau, sans m’imposer ton sceau et je te ferai de beaux tableaux

Donne-moi une plume sans prime et je te composerai de splendides rimes

Donne-moi un boulot à mon niveau, je te fabriquerai des merveilles et des robots

Ne me couvre pas de noir comme le pouvoir, je ferai fleuri dans mon Algérie l’espoir.

Rachid Mouaci

 

 

 

 

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