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L’oligarchie et les généraux algériens sont toujours indéfectibles

Chronique

L’oligarchie et les généraux algériens sont toujours indéfectibles

L’oligarchie et les généraux algériens sont toujours indéfectibles

En dépit du temps très court qui nous sépare de l’élection présidentielle qui est un événement décisif pour la patrie, la classe politique algérienne laisse encore le destin décider à sa place. L’absence de l’opposition sur le terrain pour faire entendre sa voix, le silence de la rue et l’échec de l’élite de se rassembler pour exprimer son refus à cette tragi-comédie qui se prépare, le cinquième mandat de Bouteflika commence à se normaliser et à devenir une évidence. Tout ce monde qui peut être acteur assiste aujourd’hui avec indifférence à l’assassinat de la chère patrie.

L’ironie du sort a fait de l’homme qui a été écarté, isolé et éloigné des cercles de décision l’un des hommes les plus puissants au sommet de l’État. Cet homme n’est autre que Gaïd Salah, ressuscité par Bouteflika afin de prendre sa revanche et se venger de tous les généraux qui l’ont humilié et écarté.

Ce général ne cesse pas de prouver qu’il est le plus fidèle des fidèles de Bouteflika. Il ne se contente pas seulement de réaliser le rêve du raïs de rester président à vie, mais il a sacrifié tous ses collègues de l’armée, qui voyaient que Bouteflika est arrivé à terme et qu’il doit partir.

Gaïd Salah est le Terminator qui a pu évincer le fameux général Toufik et ses hommes ainsi que les cinq généraux qu’on a privés de leurs passeports. À tout instant, nous pourrons voir le rideau se lever pour assister au jugement du siècle, celui des puissants généraux et d’officiers qui seront accusés de corruption, de détournement des biens… et tout cela, pour couvrir des choses qui ne disent pas leurs noms.

Gaïd Salah veut-il être le général Sissi algérien comme, on l’entend par ci et par là ?

Non, Gaïd ne sera jamais le Sissi algérien ni Abel Rahman Suwar Al-Dahab, le soudanais qui a remis le pouvoir aux civils. Son choix premier est de servir Bouteflika et rien que Bouteflika et personne d’autre, c’est de cette position qu’il espère avoir sa légitimité et sa force dans le cas du décès du président.

Depuis son soutien indéfectible et inconditionnel, en 2014, à Bouteflika, Gaïd Salah a réussi par l’aide de ce dernier à imposer ses hommes tout en écartant tous les généraux qui ne croyaient pas en lui. Il croit dur comme fer que sa force ne peut venir qu’aux côtés du président et en écartant de son chemin tous ceux qui veulent semer la discorde entre lui et son raïs. Il tient à cette fidélité même aux dépens de l’Algérie et de son peuple.

Les adeptes du général Toufik croyaient que leur homme par sa baguette magique renverserait la situation, mais le miracle ne s’est jamais produit, au contraire, c’était l’inverse qui arriva, tous les généraux qui ont essayé de défier Gaïd, ont eu un sort lamentable.

Jusqu’à quand Gaïd gardera-t-il sa puissance et la force de foudroyer ses adversaires ?

Il n’y a que deux facteurs qui peuvent déchoir ce général de son perchoir :

  • La première est l’inévitable vieillesse et la dégradation de sa santé.
  • La seconde, c’est la situation dégradante de l’économie et la contestation et la colère du peuple. Cette situation exigera des hommes politiques à la hauteur pour l’affronter et minimiser ses dégâts, mais cette situation est très délicate, car le pouvoir en place n’a pas les mains libres. L’arrivée de nouveaux acteurs sur la scène remettra en cause les intérêts des forces étrangères et cela n’est pas chose aisée pour avoir la liberté d’agir politiquement et économiquement.

L’Algérie est dans un tourbillon très complexe et ses portes sont ouvertes à toutes les aventures imaginables et elle ne peut éviter un désastre imminent que par une sincère volonté qui jaillira de l’intérieur du pouvoir et de son cercle pour trouver aujourd’hui et pas demain une solution sérieuse et durable qui sauvera la patrie.

                                                                                                                                             Hmida Ayachi

Traduit par Rachid Mouaci

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