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Le printemps berbère, mère de toutes les révoltes

Actualité algérienne

Le printemps berbère, mère de toutes les révoltes

Le printemps berbère, mère de toutes les révoltes

Pour ceux qui ne sont pas atteints d’amnésie intentionnelle ou involontaire, savent que l’insurrection de 1980 est mère de toutes les révoltes de l’Algérie indépendante, contre la tyrannie, l’arbitraire et l’autocratie.

Ce n’est ni le soulèvement du 8 octobre 1988, ni le printemps dit arabe, ni le Hirak actuel, mais au commencement comme dans la Bible, c’était le printemps berbère.

Si Aristote disait : « Le commencement est beaucoup plus que la moitié de l’objectif », mais qui peut commencer ? Qui a l’éveil et le courage de débuter ?

C’étaient ces jeunes kabyles d’après 1962, qui ont trouvé l’école du savoir et de la rationalité encore sur ses pieds. C’était leur instruction solide et étendue qui leur avait ouvert les yeux et les frontières sur les droits de l’homme, la démocratie et le droit des peuples à disposer de leur avenir par eux-mêmes.

Ces juvéniles dont les parents et proches se sont sacrifiés pour une patrie libre et indépendante où doivent vivre leurs enfants dans la dignité et la liberté et sortir à jamais de l’indigénat tant que citoyens respectables et fiers de leur identité, de leur histoire et de leur culture sans s’identifier ni à l’orient ni à l’Occident.

Mais, hélas ! La trahison est immense. Et, comme l’avait si admirablement écrit Bessaoud Mohand Arab « heureux les martyrs qui n’ont rien vu ». L’indépendance a été volée, les libertés étouffées, l’authentique identité niée et troquée contre celle des Bédouins de l’Arabie. L’école de la rationalité et du savoir est transformée en lieu d’idéologie et de religiosité. Une école qui a formé des hordes sauvages qui ont mis plus tard la patrie à feu et à sang.

Ces jeunes kabyles qui assistaient à l’étouffement de leur culture, au détournement de leur histoire et à l’interdiction de leur langue millénaire dans toutes les institutions de l’État et les médias, ne pouvaient pas laisser les importateurs des charlatans de l’Orient souiller davantage la mémoire des martyrs et gommer leur identité sans faire barrage à cette haute trahison. Ils n’attendaient qu’une étincelle pour faire éclater leur révolte, leur indignation et revendiquer les droits des autochtones de cette patrie qui est la leur.

Feu et éternel Mouloud Mammeri était l’élément déclencheur de cette mère des révoltes, lorsque sa conférence sur la poésie kabyle ancienne a été interdite par le Wali de Tizi Ouzou.

Cette goutte de trop qui a fait déborder le vase a déclenché la première révolution pacifique en Algérie. Un soulèvement qui a brisé le mur du silence et qui a bravé pacifiquement le pouvoir qui ne maîtrise que le langage de la violence et de la répression.

Comme à son habitude le pouvoir en place a mobilisé toutes ses forces de répression et de propagande pour étouffer cette voix pacifique qui revendiquait la liberté, la justice, la culture et la langue Amazigh. La répression était sanglante. Même l’enceinte de l’université de Tizi Ouzou a été violée de nuit et les arrestations étaient par dizaines. Lorsque l’écho de cette brutalité est arrivé à la population, des citoyens de tout âge des villages kabyles descendirent vers Tizi pour soutenir leurs enfants et joindre leurs voix à la leur.

Et depuis ce 20 avril 1980, depuis cette révolte mère qui a brisé le mur de la peur, d’autres soulèvements ont imité l’exemple de ces jeunes Kabyles qui n’étaient à l’époque ni compris ni soutenus par les populations des autres régions.

Juste comme exemples, le soulèvement populaire du 8 octobre 1988, le printemps noir de 2001 avec ses 128 martyrs à la fleur de l’âge, tombés sous les balles assassines des gendarmes et enfin le Hirak actuel, sont tous, le prolongement du printemps berbère.

Nous nous inclinons à frôler le sol devant la bravoure et la clairvoyance des premiers révoltés de 1980 et devant les âmes des 128 martyrs et les blessés de 2001 sans oublier les victimes du 8 octobre 88.

Pour la « liberté », comme l’avait inscrit avec son sang le jeune d’Azazga avant de rendre l’âme suite à ses blessures par les balles du pouvoir en place.

Vive le printemps berbère, mère de toutes les révoltes.

Rachid Mouaci
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