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La journée internationale contre la violence à l’égard de la femme

Société

La journée internationale contre la violence à l’égard de la femme

La journée internationale contre la violence à l’égard de la femme

Par Dr Lakhdar AMOKRANE

25 NOVEMBRE : JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L’ÉLIMINATION DE LA VIOLENCE À L’ÉGARD DES FEMMES

 

ORANGER LE MONDE, POUR TOUJOURS…

 

En cette journée du 25 novembre 2018, date anniversaire de sa proclamation, il y a 19 ans par l’assemblée générale de l’ONU, comme journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, l’on ne peut que se révolter à l’écoute du chiffre effarant de millions de femmes dans le monde, et de plus de 100.000 femmes déclarées « violentées » en Algérie !

À partir d’aujourd’hui, l’ONU initie une campagne de prévention « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes » pour une durée de 16 jours jusqu’au 10 décembre 2018 date de la journée internationale des droits humains. Ainsi, à cette occasion, l’ONU invite les États et les sociétés civiles à « ORANGER LE MONDE » en utilisant la couleur orange qui symbolise « UN AVENIR MEILLEUR OU LA VIOLENCE N’A PLUS SA PLACE ».

Dans notre pays, le gel par le Sénat de la loi criminalisant les violences faites aux femmes, toujours congelée dans ses tiroirs depuis des mois, démontre que les « tabous » et « freins sociétaux » cachent une réalité des plus terribles. Plus que les violences physiques et morales subites par les femmes, la première des « violences » à dénoncer est l’exclusion de celle-ci de la vie politique «réelle », car on la fait exister artificiellement !. Un déni de ses droits sociopolitiques les plus élémentaires.

Alors, la femme, un problème ? Oui, si on se fie à la réalité d’aujourd’hui, que ce soit dans la société ou dans les partis politiques.  Il faut le dire : le problème de la femme chez nous est avant tout : L’HOMME, et à travers lui la famille ! L’homme (père, frère, mari, militant, collègue…) n’arrive toujours pas à s’adapter aux réalités universelles ni à se débarrasser de ses archaïsmes, malgré qu’il se revendique citoyen du monde ou militant de la démocratie ! Une dichotomie incompréhensible qui s’apparenterait à un dédoublement de la personnalité non assumé !

Depuis, l’indépendance, et jusqu’à ce jour, il faudrait bien admettre l’échec de toutes les politiques d’intégration des femmes dans les différents segments de la vie. Échec de toute la société, dirions-nous !

À cette occasion, les femmes algériennes doivent tirer les leçons des expériences passées, car il est impératif que ce soient elles-mêmes qui prennent l’initiative de la réflexion, du débat politique et de l’action, avant que les uns et les autres n’agitent la question de leur situation, de leurs droits à des fins politiciennes. Les femmes ne peuvent plus, et ne veulent plus être ces « pots aux fleurs » qu’on exhibe à l’occasion, pour faire bon usage face à la galerie !

Il faut le dire et le répéter aujourd’hui : tout le monde (surtout les hommes et la famille, et ce n’est pas de la provocation !) doit comprendre que les femmes refusent la démagogie et la manipulation, et si l’exploitation de la « question femme » est révélatrice de la reconnaissance de leurs luttes, elle ne doit pas leur masquer le risque d’être encore une fois « utilisées ».

Les femmes doivent refuser de servir de « MASSE DE MANOEUVRE », et doivent aussi choisir, en « SUJETS AGISSANTS » les voies et moyens à même de répondre à leurs interrogations, préoccupations et revendications.

Nombreux sont ceux, aujourd’hui, qui se réclament de la démocratie, mais certains omettent de rappeler que l’égalité DES DROITS est un principe fondamental de la démocratie, qui sous-entend ceux de souveraineté, de liberté et de justice.

En Algérie, les exemples d’inégalités peuvent être multipliés à loisir. Il suffit de regarder autour de nous pour constater, par exemple, que l’édifice législatif est un « VÉRITABLE MAQUIS » qui combine généralité de la loi et le statut spécifique le contrecarrant. Et si les femmes continuent de dénoncer la partialité des « lois algériennes », c’est parce qu’elles ne diminuent en rien la vulnérabilité des femmes sur le plan juridique !

Aussi, il est primordial que l’opposition nationale s’engage pour l’avènement et la favorisation d’une plus grande participation de la femme dans la vie politique, et dans les institutions de l’état de droit que nous voulons instaurer une fois la transition démocratique réussie.  Elle démontrera, ainsi, un esprit ouvert à tous les citoyens développera sa base sociale et démontrera également à la communauté nationale, son engagement vers l’égalité et le respect des conventions internationales ratifiées par l’Algérie. Impliquer les femmes dans l’arène politique garantira que toutes les politiques initiées soient basées sur des PERSPECTIVES INCLUSIVES, car renforcer et pérenniser la participation féminine dans la société, les institutions de l’État est une question de VOLONTÉ POLITIQUE.

Le problème des mentalités envers les femmes (de modernité contre l’archaïsme) n’a pas évolué dans notre pays, malgré la mondialisation. Cela est vrai, mais, il n’empêche  que l’opposition nationale a les capacités de transcender tous les clivages qui se posent à la société (économiques, sociaux, culturels, psychologiques et religieux) et affirmer sa modernité et sa volonté politique de travailler à la construction d’une société plus juste et solidaire.

À méditer : c’est dans tous les pays où il y a le taux le plus élevé de la participation des femmes à des postes de responsabilités, ou les femmes participent au processus de prise de décision, c’est dans ces pays-là où il y a moins de pauvreté, moins de corruptions et des systèmes plus démocratiques!

 

 DR AMOKRANE LAKHDAR

 

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