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Communiqué de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH)

Débats

Communiqué de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH)

Communiqué LADDH.
Depuis maintenant des années, et malgré la levée de l’état d’urgence en février 2012, que la LADDH observe avec inquiétude les tentations de mise sous scellés, des droits de manifestations pacifiques, de réunion et d’association.
Des libertés pourtant consacrées par le droit national et les conventions internationales ratifiées par l’Algérie, notamment le pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Ce même pacte a été examiné en juillet passé par le comité des droits de l’Homme de l’ONU à Genève , où les représentants du gouvernements invités à répondre aux engagements du pays en matière de sa mise en œuvre et aux rapports alternatifs de la société civile, ont trouvés du mal à se défendre et à justifier toutes les restrictions qui touchent l’exercice de ces droits.
Les marches pacifiques, les réunions et autres actions publiques de la société civile et politique sont non seulement, encore interdites arbitrairement à Alger la capitale à ce jour, mais interdites aussi dans toutes les régions du pays notamment en Kabylie qu’on croyais pourtant immunisée contre l’arbitraire.
La LADDH à payé, elle même le prix lors des interdictions arbitraires de ses activités, entre autre son université d’été et le 6ème forum des droits humains à Bejaia pour la célébration de la journée mondiale des droits humains.
Le harcellement, la pression et la répression contre les militant-e-s, les activistes, les journalistes, blogueurs, réalisateurs et artistes sont devenus monnaie courante, et ce dans l’objectif de museler la société et d’étouffer toutes les voix discordantes.

À plusieurs fois la société, les militant-e-s, en l’absence des espaces de dialogue et de médiation avec les pouvoirs politiques, se trouvent seules en face à face avec les forces de sécurité, excessivement mobilisés et la justice mise à contribution.
Ces mêmes forces sont accusés à plusieurs fois d’abus et de violence policières lors de l’exécution de leurs missions contre des manifestant-e-s pacifiques qui ne menacent nullement l’ordre public.
Ce face à face qui durent depuis des années maintenant devient inquiètant et pesant, il s’apparente à une pratique qui s’est institutionnalisée ne laissant aucune parcelle de libre expression aux citoyen-ne-s, alors que le régime démocratique dicte un ensemble de règles à savoir le respect de la pluralité et de la liberté qui est l’opposé par excellence des régimes de contrôle, de censure et d’étouffement.

L’Algérie qui aspire à la démocratie effective ne peut s’accommoder avec ces pratiques.
La LADDH, à l’occasion interpelle le gouvernement à ouvrir le champs de l’exercice des libertés publiques et démocratiques. Les droits à l’exercice des libertés d’expression, de réunion, de manifestations pacifiques et d’association doivent être respectés.
Elle appelle par ailleurs, le gouvernement à réviser les lois d’associations et des réunions et manifestations publiques et pacifiques pour plus de libertés, il faut consacrer définitivement le régime déclaratif à la place du régime en vigueur, de contrôle et d’autorisation.
La LADDH appelle la société à s’organiser dans le strict cadre pacifique et à demeurer solidaire et mobilisée autour d’un large front national pour la construction d’un état de droit et des droits humains pour toutes et tous.

P/la LADDH
Said SALHI vice président LADDH Algérie.
Alger le 09 septembre 2018.

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