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Boudjima : retour aux heures sombres ou chronique d’une censure insensée .

Débats

Boudjima : retour aux heures sombres ou chronique d’une censure insensée .

Boudjima : retour aux heures sombres ou chronique d’une censure insensée .

Présidente d’une association créée en 1998, en plus des activités liées à la culture et à l’écoute de nos citoyennes, avec l’aide de nombreuses bénévoles nous avons lancé un projet de marché féminin solidaire, notre action consistait à donner du sens à la vie de nos villages gangrénés par les fléaux que, vivent toutes les régions du pays. En plus de créer du lien social en renouant avec la tradition des échanges et des solidarités, nous avions à cœur de libérer les énergies en offrant aux femmes la possibilité de gagner en autonomie. En effet beaucoup de femmes vivent d’une agriculture familiale et de l’artisanat. Nous avons saisi cette chance pour aller au-delà d’une activité confinée et offrir aux femmes la possibilité de proposer leurs productions à la vente sur un marché hebdomadaire. Bien que les oppositions aient fusé de toute part, le wali en personne, a accompagné notre résistance d’un geste de bienveillance. Afin d’éviter les nombreux écueils, les difficultés et les fléaux qui guettent nos jeunes, nous proposions des cours et des activités ; chorale, théâtre et des organisations d’évènements culturels. – Advertisement – Avec le soutien de l’institut de formation (ITMAS), nous organisions des formations inhérentes au développement des activités des femmes en zone rurale. Tenue d’un café littéraire mensuel, un événement récent et interactif donnant ainsi la parole à nos écrivains de province souvent boudés par les grands centres urbains. Plus récemment nous avons obtenu l’autorisation d’égayer nos mornes contrées de petits concerts pour la durée du ramadan. Lors du dernier concert, un jeune a entamé une chanson visiblement « interdite », ce qui a provoqué l’ire du maire nouvellement installé. Entré dans une hystérie bureaucratique comme on entre dans les ordres, le sieur a semé un vent de terreur effroyable. L’on nous accuse alors de donner la parole aux ennemis de la nation (il s’agit d’une chanson de l’artiste Oulahlou qui, à notre connaissance se produit librement). Par la voix du secrétaire général de la daïra et par une lettre on ne peut plus incompréhensible et scandaleuse écrite de la main du maire, nos activités sont subitement devenues dangereuses. Manu-militari, le maire, obéissant ou pas d’ailleurs à de probables et sombres injonctions, a sommé les bénévoles, semant panique et sentiment d’insécurité, de quitter les lieux et de cesser séance tenante, toute activité dans les lieux dédiés à ces évènements. Plus grave, il nous est désormais interdit de pratiquer la moindre action culturelle. L’on se demande alors à qui obéit le déni et le non-sens ! Nous voici revenu à l’âge des inquisitions d’un notre temps. Quel Algérien vivant et travaillant sur le sol national, serait assez fou pour cautionner de telles hérésies ? Qui serait assez fou ? Quel provincial décharné, bourru, fatigué ou même fourbu, voudrait du mal à cette terre ? Il faut croire que certains élus hurluberlus vivent sur une planète, une forme de mandat interminable et éternel par la bêtise. Plus que de la tristesse et de l’incompréhension, il s’agit aujourd’hui de nous questionner sur le vrai sens du droit et de la délinquance, qui a le droit de priver de parole et de liberté des citoyens désirant une seule chose, le droit et le plaisir de vivre sur ce sol sacré. La gabegie et la stupidité doivent cesser, nous avons besoin de notre idéal de nation, une nation unie, fraternelle et solidaire. Gageons que cet appel sera entendu ! Nous saisissons l’opportunité pour attirer l’attention des pouvoirs publics et des autorités afin de mettre fin aux décisions iniques et humainement inacceptables. Je pensais œuvrer pour la restauration du lien social en recréant les liens de solidarité mis à mal, le sens de la fraternité et de la responsabilité collective, me voici au rang de délinquante moi qui ai passé ma vie auprès des miens ; médecin de campagne, je n’ai jamais répondu à l’appel des sirènes, me voici face à l’hydre de l’ignorance et de l’intolérance. Il ne s’agit pas ici de ma petite personne, mais de toutes ces femmes auxquelles a été rendu l’espoir d’une vie active par le sens et de ces jeunes que les aléas jetteront entre les griffes des gardiens du fléau. Cette lettre se veut ouverte à qui de droit, mon propos loin de l’animosité et de la personnalisation du conflit, se veut un appel à la concertation et à la responsabilité ; que voulons-nous pour nos citoyens, pour nos jeunes et notre pays ?

Auteure: Dr Zahia Bourekkache, présidente de l’association féminine Anza

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