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Algérie : le régime ruine sans relâche le pays

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Algérie : le régime ruine sans relâche le pays

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PANIQUE ET RÉPRESSION Algérie : le régime ruine sans relâche le pays

FrankfurterRundSchau 11.01.2021 de Martin Gehlen.

  • Le coronavirus a été détecté pour la première fois en Algérie en février 2020.
  • Le gouvernement a interdit aux gens de se rassembler et les manifestations se sont arrêtés

Alger – « Révolution du sourire » est ce qu’ils ont appelé leur révolte – le plus long soulèvement populaire pacifique dans le monde arabe à ce jour. Pendant 13 mois – de février 2019 à mars 2020 – des centaines de milliers de personnes ont défié le régime algérien tous les vendredis et ont appelé à une réforme fondamentale du système étatique lorsque le président Abdelaziz Bouteflika a voulu briguer un cinquième mandat.

60 ans après l’indépendance, l’Algérie en a assez de sa nomenclature corrompue, d’élections et de répression falsifiées, de bureaucratie paralysante et d’incompétence de l’État. Rien ne pouvait arrêter la population exaspérée, ni la pluie ni la chaleur, ni les répressions policières, ni les campagnes de diffamation, ni le harcèlement des autorités judiciaires et emprisonnements et ce jusqu’à l’apparition du virus corona.

Le coronavirus met fin aux manifestations en Algérie

La première personne infectée a été signalée en Algérie le 25 février 2020, et la dernière fois que le mouvement Hirak était dans les rues le 13 mars, lors de sa manifestation du vendredi numéro 56. Depuis lors, les rassemblements publics sont interdits. La rébellion est en grande partie restée silencieuse, également parce que l’opposition n’est pas parvenue à s’entendre sur une direction commune et sur un programme de réforme concret. « Nous n’avons pas réussi à définir ce que nous défendons », a critiqué le député critique du régime Mohcine Belabbas.

Manifestations en Algérie : les anciennes figures du régime reprennent le dessus

Les anciennes figures du régime, en revanche, reprennent le dessus, même si le président Abdelmadjid Tebboune a récemment disparu des lieux pendant deux mois à cause d’une maladie Covid 19. L’homme de 75 ans est un patient à haut risque en tant que grand fumeur. Ce n’est qu’à la fin du mois de décembre qu’il est revenu de Berlin, où il avait été soigné à l’hôpital de la Charité – Universitätsmedizin Berlin. Il a suivi le référendum constitutionnel du 1er novembre de son lit de malade. Et encore une fois, les gens ont rejeté le vote : selon les informations des statistiques électorales notoirement embellies de l’Algérie, les trois quarts des personnes ayant le droit de vote sont restées chez elles. Néanmoins, Tebboune, qui est arrivé à la tête de l’État en décembre 2019 avec un résultat tout aussi douteux, a immédiatement mis en vigueur la Loi fondamentale modifiée. Il semble plus déterminé que jamais à vouloir enfin faire taire les manifestants.

Manifestations en Algérie : des militants devant les tribunaux

À cette fin, le gouvernement a récemment publié un décret, qui mettra les réseaux sociaux à l’écart et sanctionnera leur prétendue « diffusion de rumeurs, de fausses nouvelles et de fausses vidéos ». Pendant des mois, des militants et des journalistes ont été traînés en masse devant les tribunaux. Selon le « Comité national pour la libération des prisonniers », 90 personnes impliquées dans le Hirak sont actuellement derrière les barreaux, dont Khaled Drareni, co-fondateur du journal Internet bloqué « Casbah Tribune » – condamné à deux ans de prison pour « incitation à un rassemblement non armé » et « mise en danger de l’unité nationale ». Le jeune homme de 25 ans vient de recevoir trois ans de plus pour « insulte au président ».

La crise permanente de l’Algérie, en revanche, reste non résolue. Depuis des décennies, des groupes d’hommes d’affaires, de politiciens, d’agents des services secrets et de généraux partagent entre eux la richesse des matières premières de leur pays. Beaucoup ont des monopoles d’importation et, en raison des leurs importantes marges bénéficiaires, empêchent l’Algérie de mettre en place ses propres installations de production et de créer ainsi des emplois pour des jeunes, sans perspectives. Les fausses et excessives factures pour les produits étrangers sont une autre stratégie des oligarches pour siphonner les devises de la banque centrale.

Manifestations en Algérie : la récession et les bas prix du pétrole pèsent sur l’économie

En raison de la récession économique, de la corona et de la baisse des prix du pétrole, les réserves de change en dollars provenant des exportations du pétrole et du gaz pourraient être épuisées d’ici la fin de l’année 2021, ce qui fait déjà exploser le taux du marché noir du dinar domestique. Paniqué, le président Tebboune a proposé de réduire de moitié les dépenses publiques. Cependant, comme l’appareil bureaucratique totalement surdimensionné ne peut être réduit aussi rapidement, les coupes ont frappé les investissements publics urgents dans le logement et les infrastructures. Seuls les militaires, sous les ordres du général Saïd Chengriha, 75 ans, restent surdimensionnés, comme toujours.

Manifestations en Algérie : l’humeur des gens reste mauvaise

L’humeur de la population est donc épuisée et désespérée, ce qui a déclenché une ruée sans précédent de remorqueurs vers l’Europe en 2020. Plus, de 11000 migrants algériens ont fui vers l’Espagne au cours des douze derniers mois, trois fois plus qu’en 2019, plus que jamais. Au moins 230 se sont noyés en haute mer, et 8 000 ont été interceptés et arrêtés par les garde-côtes, selon le ministère algérien de la Défense. « Nous, citoyens, en avons assez de toutes les promesses », s’est plaint le propriétaire d’un petit magasin de vêtements dans le quartier de Belouizdad à Alger, où Albert Camus, prix Nobel de littérature, a grandi. « Nous ne pouvons attendre aucune réforme de la vieille garde. Et donc l’Algérie est toujours à la recherche de la démocratie.

(Martin Gehlen – FrankfurterRundSchau)

Traduction de l’allemand vers le français par : Hamid Imensorene

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Comprendre l’Algérie

Si proche et pourtant si loin : l’Algérie est plutôt méditerranéenne – et ainsi l’Europe pourrait le comprendre. Mais que ce soit l’Islam ou la France ou la boutique en libre-service de vieux hommes au cœur froid – l’Algérie, si proche en fait, nous est restée étrangère. Il est bon que l’essentiel de ce qui se fait en France aujourd’hui soit de rapprocher l’Algérie du monde. En France, la complexité est mieux véhiculée par la bande dessinée –

« la bande dessinée». Jacques Ferrandez, né à Alger, a présenté l’illustration valable et sensible de la « période française » avec ses dix « Carnets d’Orient ». Quiconque se détourne de tant d’images – puis de son « Alger La Noire », un thriller policier errant dans la non-période entre le régime colonial et l’indépendance en 1962.

Dans le comique «Azrayen» sur la kabylie du duo Lax et Giroud: un petit épisode de la guerre de libération dans les montagnes magiques de Kabylie se transforme en une épopée mélancolique.

Le cinéaste franco-algérien Rachid Bouchareb de Paris se met au travail dans « Indigènes » (allemand : « Days of Fame ») et « Hors-La-Loi », où il développe la politisation, la résistance et la mort de jeunes Algériens entre 1943 et 1961. Le semi-documentaire classique de Gillo Pontecorvo

« La bataille d’Alger » appartient de toute façon à tous les foyers.

Oh, Camus ? Le héros tragique de la tragédie algérienne ne doit pas être oublié. Lis ? Non, regardez mieux : Viggo Mortensen dans David Delhoffens « Den Menschen so far ». Mortensen n’a jamais été plus grand que dans ce film après « The Guest » de Camus.

Et ne pas oublier : Yasmina Khadra, l’ex-officier algérien émigré, qui dénonce la tragédie de l’Algérie moderne entre kleptocratie et islamisme dans des romans policiers hautement littéraires. Il écrit toujours sur l’Europe et l’Islam et tout.

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